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Éducation 2017-10-27T12:59:19+00:00

1) BÂTIR UN SYSTÈME ÉDUCATIF ACCESSIBLE ET DE QUALITÉ

La structure du système éducatif formel guinéen se compose de quatre ordres d’enseignement: le préscolaire (2 ou 3 années), l’enseignement primaire (6 années), l’enseignement secondaire qui est divisé en deux cycles, le Collège (4 années) et le Lycée (3 années), l’enseignement technique et professionnel (durées variables) et l’enseignement supérieur (durées variables).

Il existe également un enseignement non formel dominé par l’alphabétisation des adultes et l’enseignement coranique.

A tous ces niveaux, l’école guinéenne a connu une forte croissance des effectifs sans que les infrastructures et les moyens d’encadrement aient suivi.

Au-delà des problèmes infrastructurels, l’école guinéenne souffre encore de plusieurs dysfonctionnements dont entre autres :

  • L’abandon précoce (sur 100 enfants inscrits en première année, 47 n’achèvent pas le cycle primaire). Cette situation affecte plus les filles. En effet, moins de 3 filles sur 10 atteignent la dernière année du cycle primaire en milieu rural contre 5 enfants en moyenne au niveau national ;
  • La faiblesse de l’investissement éducatif à tous les niveaux (part de l’éducation dans le budget d’investissement de l’État reste très faible ;
  • La faible qualité de l’enseignement dispensé à tous les niveaux. Conscient de ces différents problèmes, le PEDN propose une refonte totale du système éducatif afin de le rendre accessible à tous les guinéens tout en améliorant sa qualité.
  • Une forte démocratie ne peut s’appuyer que sur des citoyens bien éduqués, une économie compétitive et ouverte ne peut se mettre en place qu’avec une main d’œuvre qualifiée. Il devient donc incontournable que des efforts exceptionnels soient entrepris pour ouvrir à chaque citoyen, l’opportunité d’apprendre et de s’épanouir.

Dans cette perspective, le premier pilier du projet social du PEDN vise à : Rendre l’enseignement de base accessible à tous ; développer un enseignement technique et professionnel adaptés aux métiers ; et axer l’enseignement supérieur sur l’excellence et la recherche.

  • RENDRE LENSEIGNEMENT DE BASE ACCESSIBLE A TOUS

L’éducation est le fondement de l’épanouissement social de l’individu. Aussi, il appartient à l’État d’assurer à ses citoyens l’instruction de base minimum. Dans cette perspective le PEDN vise à rendre l’enseignement primaire obligatoire en Guinée. Cet engagement induit des conséquences financières sur le budget de l’État et des collectivités locales qui devra être inscrit comme loi de la république à valeur constitutionnelle. Pour assurer un fonctionnement optimum de cet engagement, le PEDN propose :

  • La mise en place de subventions et dotations de fonctionnement aux collectivités selon le pourcentage d’enfants inscrits dans les écoles.
  • La création d’un système indépendant de formation des enseignants au niveau régional afin d’assurer aux enfants l’encadrement scolaire que la constitution leur accorde dès leur naissance. La gestion des enseignants relèvera des collectivités locales dans lesquelles ils enseignent alors que leur formation et la gestion de leur carrière seront assurées par l’État.
  • La mise en place d’un programme national de développement des infrastructures scolaires placé sous la supervision directe du Président de la République. Ce programme mettra au point un schéma d’ensemble de construction des écoles fondé sur la taille des populations. Chaque année le comité de pilotage distribuera aux régions sur la base des effectifs scolarisés et de la tendance des naissances projetées, un nombre de classes à construire obligatoirement inscrit au budget du programme. Chaque région disposera de son université et négociera avec le gouvernement un plan de développement de celui-ci fondé sur une autonomisation.
  • La mise en place d’une subvention sous forme de donation fondée sur des critères préétablis à travers un fonds de soutien aux écoles privées.
  • La création d’un fonds d’urgence pour les écoles sinistrées et continuation du programme d’alphabétisation des adultes.
  • Enfin, le PEDN mettra en place pour chaque région, un programme de cantines scolaires à travers la participation communautaire.

2) DÉVELOPPER UN ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET PROFESSIONNEL ADAPTE AUX MÉTIERS

L’enseignement technique et professionnel constitue le maillon faible du système éducatif guinéen. Dominé jusque récemment par le public, l’enseignement technique privé a connu ces deux dernières décennies un développement fulgurant sans que les profils de formation soient adaptés aux besoins du marché. Les écoles sont sous équipées en outils pédagogiques et moyens techniques adéquats; ceci explique en partie la forte prédominance d’ouvriers qualifiés étrangers en Guinée.

Aussi ce maillon est souvent présenté comme le réceptacle des élèves ayant échoué aux examens nationaux. Cette situation explique la désaffection des jeunes de nos instituts de formation professionnelle au profit d’instituts de formation similaires dans d’autres pays. De sorte que nos jeunes diplômés des instituts techniques sont peu compétitifs sur le marché du travail.

Pour y remédier, le PEDN préconise :

  • Un programme d’insertion professionnelle des jeunes à travers les écoles, les ateliers et centres de formation technique sur les métiers techniques en forte demande sur le marché du travail. Ce programme sera soutenu par l’État, les collectivités locales à travers un contrat dont les participants seront porteurs de projets professionnels clairs.
  • De diversifier les profils de formation technique afin de mieux répondre aux besoins du marché tout en améliorant le contenu des programmes de formation afin de rendre plus compétitifs nos diplômés.

3) AXER LENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR SUR LEXCELLENCE ET LA RECHERCHE

L’enseignement supérieur guinéen se caractérise pendant les dernières années par une faible qualification du personne enseignant et des chercheurs, le manque d’infrastructures appropriées, de moyens techniques et d’outils pédagogiques, l’inadaptation des programmes de formation et le sureffectif quasi permanent dans les salles de classe. Aussi, du fait de la situation économique que connaît notre pays, les conditions de vie des étudiants sur le campus se sont détériorées fortement ces dernières années.

S’agissant des institutions de recherche, les conditions de travail sont loin d’être réunies: manque d’infrastructures et de moyens de recherche, faible motivation des chercheurs.

Malgré le manque de moyens, on assiste aussi à une multiplication d’universités sans que l’État ne soit capable d’assurer un contrôle effectif. Ainsi des milliers de jeunes sortent des universités sans qu’aucun emploi ne soit assuré ni par le public ni par le privé. Cette situation laisse sur le bord des concitoyens qui, s’ils étaient supportés, pourraient apporter leur contribution à l’économie nationale.

Le PEDN envisage pour l’atteinte de ses objectifs dans le secteur, la mise en place des programmes suivants:

  • Un programme de bourses d’excellence visant à assurer pour les élèves brillants un soutien financier adéquat dans la poursuite de leur formation. Ces bourses d’état pourront être utilisées pour financer des formations à l’étranger sur accord entre le gouvernement et les pays d’accueil de l’élève assorti d’un engagement de retour de travail dans le milieu administratif.
  • Un programme d’infrastructures universitaires visant à doter les principales universités régionales d’équipements et de moyens adéquats leur permettant d’assurer la formation des jeunes guinéens dans les domaines et spécialités techniques. A travers ce programme, des centres de recherche, et d’études scientifiques peuvent être mis en place dans les universités publiques.
  • Un programme de soutien à l’innovation scientifique dont les objectifs consistent à renforcer au sein des universités et des centres de recherche la culture du dépassement et de l’innovation. Ce programme mettra en place des standards de recherche et une compétition annuelle pour promouvoir l’innovation dans la recherche.

Au-delà de ces trois programmes, le projet vise aussi à assurer à l’enseignement supérieur un contrôle de qualité assurant aux étudiants et à leur famille des débouchés professionnels après les études. Les programmes d’études ainsi que le niveau des d’enseignants seront donc revus.